2 mars 2012

Gábor Szabó en concert à Budapest : vases communicants #2.3

Sur le principe des Vases Communicants, Mediamus et Hangtárnok (le blog du département musique de la bibliothèque Bródy Sándor de la ville d'Eger en Hongrie) s'invitent mutuellement chaque premier vendredi du mois, chacun publiant sur le blog de l'autre.


Gábor Szabó est né à Budapest en 1936, c'est un guitariste de jazz hongrois qui a acquis une célébrité internationale en mélangeant dans sa musique, le jazz, la musique pop et des éléments du folklore hongroise. Il est mort, il y a 30 ans, le 26 février 1982, à l'âge de 45 ans. En 1956, Bródy Sándor quitte la Hongrie pour les États-Unis, [pour rappel, 1956 est la date de la Révolution hongroise, une insurrection qui sera écrasée par les chars soviétiques]. A Boston, il s'inscrit à la Berklee School of Music. Puis il fonde le label Skye Records avec les vibraphonistes Cal Tjader et Gary McFarland. Une de ses compositions Gypsie Queen deviendra un hit mondial lorsqu'elle sera reprise par Carlos Santana sous le titre Black Magic Woman (sur l'album Abraxas). Au cours de sa carrière, Gábor Szabó jouera avec des artistes majeurs comme le contrebassiste Ron Carter, les saxophonistes Paul Desmond et Charles Lloyd, le trompettiste et chanteur Louis Armstrong, la chanteuse Lena Horne, et le chanteur de soul et de Rhythm and Blues Bobby Womack.
Malgré une renommée internationale, son œuvre est largement méconnue en Hongrie.
Gábor Szabó n'est rentré que 3 fois en Hongrie : en 1974, à l'occasion de ce fameux concert, en 1978 et en 1981, date à laquelle il tombera malade pour décéder à l'hôpital en février 1982.
Le concert qu'il donna a l'occasion de son premier retour est sans doute le plus intéressant. Ce concert est enregistré en studio pour la radio-télévision nationale avec des musiciens hongrois : Kati Kovács, chant ; Aladár Pege, contrebasse, guitare basse ; János Másik - claviers ; Imre Kőszegi, batterie ; László Dely, percussions.
35 ans plus tard, l'enregistrement vient d'être mis à la disposition de tous.




Tracklist :
1. Magical Connection (John Sebastian)
2. My Foolish Heart (V. Young/N. Washington) / Fly Me To The Moon (Bart Howard)
3. Az eső és én (Somló Tamás – Adamis Anna)
4. Sombrero Sam (Charles Lloyd)
5. Django (John Lewis)
6. Thirteen (Szabó Gábor)
7. My Love (Paul és Linda McCartney)
8. Reinhardt (Wolfgang Melz)

Gabor Szabo in Budapest http://hangtarnok.klog.hu/2012/02/28/gabor-szabo-in-budapest/

Gábor Szabó sur Wikipédia - français - anglais - hongrois -

Negro Y Azul : chanson de la semaine #88

"Negro Y Azul, The ballad of Heisenberg" : le Narcocorrido de Breaking Bad

Breaking Bad est une série télévisée américaine diffusée depuis 2008 sur la chaîne AMC. L'histoire se déroule à Albuquerque, Nouveau-Mexique, Etats-Unis. Apprenant qu’il a un cancer des poumons, Walter White (interprété par Bryan Cranston), modeste professeur de chimie en lycée, décide de fabriquer illégalement de la méthamphétamine pour payer son traitement et sécuriser l’avenir de sa famille. Pour ce business, il prend le pseudonyme d'Heisenberg. Si l'entreprise parallèle se révèle florissante, elle entre très vite en conflit de concurrence avec les activités du cartel mexicain. Car les narco-trafiquants ne sont pas du genre à accueillir de nouveaux entrants sur un marché dont ils ont acquis le monopole.

John Shiban (producteur consltant) parle du clip et de la chanson : « On est tombé sur un style musical appelé narcocorrido. C’est un style propre à la musique Tex-Mex de la frontière qui raconte les exploits des cartels. Ils racontent l’histoire héroïque des dealers combattant les Fédéraux. Le business de Walt fait partie de sa vie. C’est un vrai fabriquant de drogue. Ce clip célèbre sa légende. On montre que Walt devient Heisenberg. Nous avons engagé un vrai groupe de narcocorridos. Être dans le désert avec ces types et leurs guitares, c’était incroyable. »
Les paroles ont été écrit par
Vince Gillian, le créateur de la série, et José "Pepe" Garza et la chanson est interprétée par Los Cuates de Sinaloa.


Extrait de Breaking Bad (Saison 2, Episode 7 "Negro Y Azul")


La ciudad se llama Duke
Nuevo Mexico el estado
Entre la gente mafiosa
su fama se ha propagado
Causa de una nueva droga
que los gringos han creado

Dicen que es color azul
y que es pura calidad
Esa droga poderosa
que circula en la ciudad
Y los dueños de la plaza
no la pudieron parar

Anda caliente el cartel,
al respeto le faltaron
Hablan de un tal Heisenberg,
que ahora controla el mercado
Nadie sabe nada de el,
por que nunca lo han mirado
El cartel es de respeto
y jamas ha pardonado
Ese compa ya esta muerto
Nomas no le han avisado

La fama de Heisenberg
Ya llego hasta Michoacán
Desde alla quieren venir
A probar ese cristal
Ese material azul
Ya se hizo internacional

Ahora si le quedo bien
a Nuevo mexico el nombre
A mexico se parece
En tanta droga que esconde
Solo que hay un capo gringo
Por Heisenberg lo conocen

Anda caliente el cartel,
al respeto le faltaron
Hablan de un tal Heisenberg,
que ahora controla el Mercado
Nadie sabe nada de el,
por que nunca lo han mirado
A la furia del cartel
nadie jamas ha escapado.
Ese compa ya esta muerto
Nomas no le han avisado.
La ville s’appelle Duke
L’état, le Nouveau-Mexique
Dans le milieu de la mafia,
Un nom circule
A cause d’une nouvelle drogue
Créée par les gringos

Ils la disent de couleur bleue
et d’une qualité pure
Cette drogue court les rues
A travers toute la ville
Personne ne peut l’arrêter
Même s’ils le voulaient

Le cartel est sur les nerfs
Car on leur manque de respect
Ils ne parlent que d'Heisenberg
C’est lui qui contrôle le marché
Personne ne le connaît
Personne n’a vu son visage
Pour le cartel, le respect c’est la vie
Et ils ne vont pas pardonner
Ce mec est mort
Mais il ne sait pas encore

Heisenberg est connu
Jusque dans le Michoacán
De loin
tous veulent goûter à ce cristal
Cette came bleue
A une réputation internationale

A présent le Nouveau-Mexique mérite bien son nom
Tout comme le Mexique
Avec toute cette drogue qui circule
Sauf que le boss est un gringo
Et qu’il se nomme Heisenberg

Le cartel est sur les nerfs
Car on leur manque de respect
Ils ne parlent que d'Heisenberg
C’est lui qui contrôle le marché
Personne ne le connaît
Personne n’a vu son visage
Personne n’échappe
A la fureur du cartel
Ce mec est mort
Mais il ne sait pas encore




Narcocorrido - Wikipédia -

Breaking Bad - Wikipédia -

27 février 2012

5 groupes et artistes de blues hongrois : les recommandations d'Hangtárnok #3

En association avec le blog Hangtárnok, nous découvrons au long de cette année, les différents répertoires de la musique hongroise. Merci à Marianna qui nous présente aujourd'hui la scène blues, en nous recommandant particulièrement 5 groupes et musiciens hongrois.



pochette de l'album Hobo Blues Band Közép-európai Hobo Blues (1980)



On a joué du blues en Hongrie dès 1942. A cette époque, seulement les musiciens de jazz jouaient ce style de musique. Le blues va acquérir une plus large audience dans les années 80.
Deux grands festivals ont contribué à populariser le blues en Hongrie :
Le célèbre festival International Grastroblues qui rassemble depuis 1993 les amateurs de musique, de vin et de cuisine à Paks, au Sud de Budapest.
Et l’International Blues Pharmacy Festival organisé par la Blues Pharmacy Foundation depuis 1998.


1. Hobo Blues Band (1977-2011)

Groupe culte formé en 1977, Hobo Blues Band avec à sa tête le chanteur Földes László (Hobo). Le travail de HBB mêle art et poésie. Leur musique est influencée par le blues traditionnel et par les artistes anglo-saxons : Rolling Stones, Jimi Hendrix, Led Zeppelin et les Doors dont le groupe réalisa de nombreuses adaptations. La composition du groupe changea constamment pendant ses 34 ans d’existence, en faisant appel à quelques-uns des meilleurs musiciens de la scène hongroise.
Discographie recommandée:
Közép-európai Hobo Blues (1980)
Oly sokáig voltunk lenn (1982)
Vadászat I-II. (1984) - (Tátrai Tibor - guitare)
Kopaszkutya (musique de film) (1993) (précédemment interdit en 1981)
Wikipédia (en hongrois)
http://www.hobo.hu/



2. Deák Bill Gyula

"Il a la voix la plus noire de tous les chanteurs blancs que j'ai jamais entendu" dit Chuck Berry en parlant de Deák Bill Gyula. Bill commença sa carrière au sein du Hobo Blues Band de 1979 à 1985. Il chanta dans la comédie musicale Jesus Christ Superstar et enregistra un album solo en 1983 album Bad Blood (Rossz Vér), avant de fonder the Deák Bill Blues Band en 1987. Le groupe qui joue du rhythm and blues a acquis une grande popularité en étant fréquemment programmé dans les festivals hongrois.
Discographie recommandée :
Rossz vér (1983)
Mindhalálig blues (1986)

Wikipédia
(en hongrois)
http://www.deakbillgyula.hu/


3. Palermo Boogie Gang (1985-1997)

Cette jeune formation su aborder cette musique en apportant beaucoup de fraîcheur. Pour eux, le blues était une musique vivante, pas une pièce de musée, ou un genre musical exotique. Ils ont grandi dans cette musique, comme un enfant qui porte les habits de son grand frère.
Les membres : Jeno Fekete : chant, guitare, dobro ; Tamás Szabó : chant, harmonica, washboard ; Gyula Bacsa : piano, accordéon ; Robert Kepes : basse ; István Mezöfi : batterie, chant.
L’album Bottle up and go été accueilli par la critique comme le meilleur album de blues jamais sorti en Hongrie. Le producteur de blues américain Bruce Iglauer a également vanté le talent hors du commun du groupe.
Discographie recommandée:
Bottle up and Go (1994)
Anniversary (1996)
http://www.szajharmonika.hu/


4. Mátyás Pribojszki Band

« Mátyás Pribojszki est l’un des meilleurs harmonicistes a avoir émergé d’Europe de l’Est. A l’aise dans tous les styles, il peut jouer aussi bien du blues traditionnel que du blues contemporain, avec une assurance qui contraste avec son jeune âge. Son phrasé et son jeu sont vraiment bons. Un homme à surveiller. » c’est ainsi que le prestigieux harmoniciste britannique Steve Baker présente Mátyás Pribojszki un jeune musicien de 37 ans. Tout en restant fidèle au blues traditionnel, Mátyás a construit son propre style, qui a probablement ouvert un nouveau chapitre dans l’histoire de l’harmonica. Il a déjà joué en tournée dans plus de 20 pays à travers l’Europe avec différents groupes, en jammant sur les scènes de grands festivals avec des légendes du blues.
Discographie recommandée:
Flavours (2005)
How many more? (2008)
Boogie On The Ship (2010)
http://www.pribojszki.com/


5. Little G. Weevil

Le guitariste, chanteur et auteur-compositeur Little G Weevil (Gábor Szucs) est l’un des artistes les plus originaux de la scène actuelle. La manière dont il revisite le blues et les racines la musique américaine, le rend unique en son genre. De l’énergie pure : l’artiste chante avec tout son cœur, et joue de la guitare comme s’il venait d’être frappé par la foudre. Il raconte des histoires du quotidien, qu’une manière qu’il est difficile d’oublier. Âgé de 34 ans, il a déjà joué dans près de 34 pays sur trois continents, partageant occasionnellement la scène avec des icônes musicales.
Discographie recommandée:
One (with Pure Blues) (2004)
Southern Experience (2008)
The Teaser (2011)
http://littlegweevil.net/



Bluesmen hongrois renommés : Török Ádám, Tátrai Tibor, Póka Egon, Takáts Tamás, Ferenczi György, Berki Tamás, Boros György, Hagyó Béla, Radics Béla, Zsoldos Tamás, Bodonyi Attila, Bornemissza Ádám, Szabó Tamás, Katona Tamás, Fekete Jeno, Oláh Andor, Orosz Andrea, Éles Gábor, Gál Csaba "Boogie" etc.

Groupes de blues hongrois renommés : Dr Valter Blues Társasága, Bluestrain, Tátrai Band, Takáts Tamás Dirty Blues Band, Tengs-Lengs, PMD Blues Band, Rambling Blues Trio, Felkai Jam Band, Magyar Atom, Ölveti Blues Band, Blues Revolver, Blues and Roll etc.

Groupes de blues d'Eger : Eger Blues, Pótkerék, Megállni Tilos, Frenky Hard, Kupak Tamás és a Sörnyitók


Et sur Hangtárnok : 5 francia blues zenész, akit ismerned kell

20 février 2012

Qui a volé les mots ? : chanson de la semaine #87

Qui a volé les mots ? paroles, musique, chant et accordéon par Michèle Bernard, album Voler (Epm, 1999)



Au voleur, au voleur, au voleur !
Qui a volé les mots, qui a volé les mots ?
Encore ces Français quel culot, voler les mots !
Regarde ils en ont plein la bouche, plein les poches
De tous ces mots piqués partout,
Tu crois pas qu'c'est moche ?
Voler des mots sans en avoir l'air
Et les coller en douce dans son dictionnaire
Voler les mots sur toute la planète
Ah vraiment ces Français sont pas nets
De vrais pickpockets !

Voler aux Grecs, aux Latins, aux Gaulois
Ça va de soi, ça va de soi
Voler aux Anglais, aux Allemands, aux Italiens
C'est normal entre voisins
Oui mais voilà ça va bien plus loin
Ils ont même volé les polynésiens
Piqué paréo et tabou aux Tuamotu
Chez les Chinois le mot typhon soufflé pour de bon
Banane et macaque en Afrique, tu parles d'un trafic
Le raphia chipé aux Malgaches à coup de cravache
Même aux Arabes, c'est le bouquet, t'imagines pas c'qu'ils ont piqué !
Le barda, le safari, le café, le nénuphar
La guitoune et le satin, la valise et le hasard
Le magasin, le cramoisi, le charabia et l'alchimie
Le sirop, le sofa, le souk et la nouba

Au voleur, au voleur, au voleur !
Qui a volé les mots, qui a volé les mots ?
Encore ces Français quel culot, voler les mots !
Regarde ils en ont plein la bouche, plein les poches
De tous ces mots piqués partout,
Tu crois pas qu'c'est moche ?
Voler des mots sans en avoir l'air
Et les coller en douce dans son dictionnaire
Voler les mots sur toute la planète
Ah vraiment ces Français sont pas nets
De vrais pickpockets !

Voler aux Grecs, aux Latins, aux Gaulois
Ça va de soi, ça va de soi
Voler aux Anglais, aux Allemands, aux Italiens
C'est normal entre voisins
Oui mais voilà ça va bien plus loin
Ils ont même volé les Amérindiens
La tomate et la cacahuète au nez des Aztèques
Le toboggan, le mocassin chez les Algonquins
Volé aussi les Bengalis, plus de pyjama
Et puis leur joli paradis nommé Nirvana
Et même aux Turcs, c'est le bouquet,
Tu d'vineras pas c'qu'ils ont piqué !
La turquoise et le turban, le cosaque et le derviche
La bergamote et le divan, le caviar pour les riches
Le talisman, le cimeterre, la percale et le janissaire
Le pacha, le lascar, sarabande et bazar

Disques compacts disponibles à la médiathèque

  • Quand vous me rendrez visite... (Epm, 1997)
  • Voler (Epm, 1999)


Michèle Bernard - Wikipédia -
http://www.michelebernard.net/
via Nos Enchanteurs...

18 février 2012

Revue de presse, revue de blogs du 5 au 18 février 2012




01. Trouvez le meilleur de Youtube avec Seevl - Fine tuning, 18/02

02. Des magazines disponibles en version audio - Un monde de sons, 17/02

03. La fin des producteurs (bis repetita)… - Don't believe the Hype, 16/02

04. Culture pour tous : marche arrière toute ! - Marianne 2, 16/01

05. Le Montreux Jazz s'affiche tout nu - Le Matin, 15/02

06. Le "Top Singles" physique s'arrête en France - Charts in France, 15/02

07. Du développement à l'utilisation, tout ce qu'il faut savoir sur les Spotify Apps - Digitives, 13/02

08. L'opéra contemporain pour les nuls - Le Figaro, 13/02

09. Music Hack Day #13 – San Francisco - Fine Tuning, 13/02

10. Profession : ethnomusicologue "Un mode de vie plus qu’un métier" pour Sylvie Le Bomin - Canal Académie, 12/02 [entretien audio]

11. Do The Dilla - Le Mellotron, 11/02
18 titres en hommage à J Dilla à télécharger gratuitement.

12. Ferme ta gueule, Luc Ferry! - Nouvelle formule, 10/02

13. Tambours de la renommée - Sun Ship, 10/02

14. Luc Ferry et l'histoire de l'art ou le "raisonnement-tambour" - dona flor, 10/02

15. SensCritique Musique : début de l'écoute via Spotify - Sens Critique le blog, 10/02

16. Dassault Systèmes rachète Netvibes - Le Monde, 09/02

17. A quoi ressemblera la radio musicale de demain ? - IRMA, 08/02

18. MP3 usagés à vendre - Branchez-vous, 08/02

19. iTunes Match, touche pas à mon putain de rap ! - Ecrans, 07/02

20. En France, Universal Music contrôle près de la moitié du marché musical - les échos, 07/02

21. Study: Very Few Fans Are Actually Throwing Away Their CDs... - digitalmusicnews, 06/02
Etude dans les pays nordiques : très peu d'amateurs de musique sont près à jeter leurs CD. Les pratiques actuelles privilégient encore la radio et les CD. Et l'utilisation de Youtube avant les plateformes de streaming.

22. La révolution numérique : Quel nouveau modèle de rentabilité pour l’industrie de la musique et ses artistes ? - weave, 25/01

23. Promouvoir la création numérique amateur en bibliothèque territoriale, Mémoire de fin d'étude du diplôme de conservateur de Julien Baudry, Enssib, janvier 2012

13 février 2012

Deux autres bières : chanson de la semaine #86

Offenbach Deux autres bières sur l'album Traversion (1978)



J'suis assis à une table
Plein de monde que j'vois pas
La musique est trop forte
L'éclairage est trop bas

Pis la fille à qui j'parle
Ç'qu'a raconte, j'l'sais pas
J'devrais être dans mon lit
Endormi sous les draps

Deux aut'bières!
Deux aut'bières!
Deux aut'bières!

Ça fait trop longtemps, que tu passes en dedans*
Y fallait ben que j't'emmène icitte**
J'm'en va te faire faire, des heures supplémentaires
À soir t'es sur le chiffre de nuit***

Tu vas voir l'heure des chaises posées sur les tables
Pis des meilleurs clients couchés en dessous
Tu vas voir l'heure des serveurs moins aimables
Pis des grosses bières qu'on fini en un coup

Deux aut'bières!
Deux aut'bières!
Deux aut'bières!

* que tu restes chez toi
** ici
*** en équipe de nuit


Offenbach - Wikipédia -

10 février 2012

Le martèlement des certitudes

Débat politique de haut vol cette semaine sur fond de passion musicale.
Après Bruno Gollnisch déclarant sa préférence pour l'orchestre symphonique sur le tam-tam, c'est au tour du philosophe Luc Ferry de revendiquer le droit de penser que "
Don Giovanni de Mozart c’est mieux que le tambourin".

Verbatim
Luc Ferry était invité vendredi 10 février sur France Inter dans l'émission Interactiv'. Interrogé par Patrick Cohen à propos du discours de Claude Guéant sur les civilisations, l'ancien ministre de la jeunesse, de l'éducation nationale et de la recherche a déclaré :
"On ne peut pas s’empêcher quand il y a un tourbillon médiatique de cette ampleur de se poser à soi-même la question, par-devers soi. Je suis sûr que vous l’avez fait comme moi. Au fond, est-ce que je suis un salaud ? Est-ce que je suis xénophobe et raciste parce que je pense que le Don Giovanni de Mozart c’est mieux que le tambourin d’une société traditionnelle ? Et donc, oui évidemment que les civilisations ne se valent pas. Et j’ajouterais une chose…"
Patrick Cohen : "Une civilisation ne se réduit pas au Don Giovanni de Mozart."
Luc Ferry : "Oui en effet, je lisais hier dans Libé, un papier qui était tout à fait typique de l’arrière fond de ce débat. Un papier tout à fait typique de la haine de soi de l’Europe, et qui expliquait, du reste à juste titre, je le dis tout de suite, que l’Europe c’était le colonialisme, l’esclavagisme, le fascisme, le nazisme, le stalinisme et toute une série d’horreurs. Evidemment que c’est vrai. Là on voit la haine de soi se mettre en place. Mais l’Europe ce n’est pas ça fondamentalement. L’Europe c’est aussi l’abolition de l’esclavage, c’est aussi la fin de la colonisation, c’est aussi la lutte contre les totalitarismes. Alors qu’est-ce qui caractérise fondamentalement l’Europe et qui fait que à mes yeux la civilisation européenne peut légitimement être considérée comme supérieure à d’autres, pas à toutes les autres mais à d’autres... Dans les livres d’histoire, on parle de grandes civilisations, on va supprimer ça dans nos livres d’histoire ?. […]" (source : France Inter)

Philosophe, mais pas logicien
On connaît ce sophisme : Socrate dit : « Tous les hommes sont menteurs. » Or Socrate est un homme donc il ment, donc tous les hommes disent la vérité, donc Socrate dit la vérité, etc... Il s'agit d'un syllogisme absurde : on ne peut être à la fois juge et partie.
Affirmer, lorsque l'on est philosophe, que sa civilisation est supérieure aux autres, c'est un peu comme de claironner "Allez la France, on est les meilleurs!" lorsque l'on est un supporter... français.

Le tambour
Lorsqu'il évoquait le tambourin d’une société traditionnelle, Luc Ferry faisait sans doute référence au film de Volker Schlöndorff, adapté du roman de Günter Grass : Le tambour (Die Blechtrommel). C'est vrai, parfois le martèlement des certitudes empêche le développement d'une pensée critique.

8 février 2012

Le tam-tam, cet instrument de l'orchestre symphonique

Le député européen du Front national Bruno Gollnisch a déclaré mardi 7 février lors d'une interview diffusée sur Canal + : "je respecte beaucoup les autres civilisations mais j'ai le droit de penser que l'orchestre symphonique, c'est supérieur au tam-tam, même si le tam-tam c'est entraînant". (source : L'Express)

petit cours d'organologie...


Ceci est un tam-tam.


Un tam-tam n'est pas un membranophone, mais un gong. Cet instrument à percussion originaire de l'Asie du Sud (Java, Indonésie) et d'Asie du Sud-Est (Chine) a été intégré au sein de l'orchestre symphonique dès le début du XIXe siècle :
  • François-Joseph Gossec l'a utilisé en 1791 dans la Marche funèbre composée pour l'enterrement de Mirabeau,
  • Gaspare Spontini dans son opéra La Vestale en 1807,
  • Luigi Cherubini pour son Requiem en do mineur en 1816,
  • Gioachino Rossini dans son opéra Armida en 1817,
  • Vincenzo Bellini dans la Norma en 1831
  • Richard Wagner dans Rienzi en 1842 (un opéra de jeunesse, mais l'un des opéras préférés d'Hitler !)
  • puis Giacomo Puccini pour plusieurs de ses opéras, dont Turandot.
et au XXe siècle le tam-tam fut utilisé dans les orchestrations de Gustav Mahler, Dmitri Chostakovitch, Sergueï Rachmaninov, jusqu'à Karlheinz Stockhausen, en passant par Carl Orff, qui l’intégra à l'instrumentation de Carmina Burana (créée en 1937 à Francfort), la plus célèbre pièce composée en Allemagne nazie.
Quant au tambour, instrument membranophone, son origine remonte à 6000 ans avant J.-C. Les tambours accordés ont d'ailleurs été inventés vers le XIe siècle avant J.C. en Égypte, une grande civilisation d'Afrique du Nord.

sources :
Tam-tam - wikipédia en anglais, en français

Gong - Encyclopédia Universalis -
Tambour - Wikipédia -

6 février 2012

"Le voyageur / Ouais Marchais, Mieux Qu’en 68" : chanson de la semaine #85


Gilles Deleuze (voix), Richard Pinhas (synthétiseur AKS, guitares, synthétiseur ARP, VCS3, mellotron, basse, bandes), Coco Roussel (batterie), Georges Grunblatt (VCS3), Patrick Gauthier (piano et VCS3), Pierrot Roussel (basse)

Heldon
- Electronique Guerilla, Disjoncta, 1974


Qui est parvenu ne serait-ce que dans une certaine mesure à la liberté de la raison, ne peut rien se sentir d'autre sur terre que Voyageur. Pour un voyage toutefois qui ne tend pas vers un but dernier car il n'y en a pas. Mais enfin, il regardera les yeux ouverts à tout ce qui se passe en vérité dans le monde. Aussi ne devra-t-il pas attacher trop fortement son coeur à rien de particulier. Il faut qu'il y ait aussi en lui une part vagabonde dont le plaisir soit dans le changement et le passage. Sans doute, cet homme connaîtra les nuits mauvaises où prit de lassitude, il trouvera fermée la porte de la ville qui devait lui offrir le repos. Peut-être qu'en outre, comme en Orient, le désert s'étendra jusqu'à cette porte, que des bêtes de proie y feront entendre leur hurlement, tantôt lointain, tantôt rapproché, qu'un vent violent se lèvera, que des brigands lui déroberont ses bêtes de somme. Alors, sans doute, la nuit terrifiante sera pour lui un autre désert, tombant sur le désert, et il se sentira le coeur las de tous les voyages. Dès que le soleil matinal se lève, ardent comme une divinité polaire, que la ville s'ouvre, il verra peut-être sur les visages de ses habitants plus de désert encore, plus de saleté et de fourberie et d'insécurité que devant les portes. Et le jour, à quelque chose près, sera pire que la nuit. Il se peut bien que tel soit à quelque moment le sort du Voyageur. Mais pour le dédommager viennent ensuite les matins délicieux d'autres contrées, nés des mystères du premier matin. Il songe à ce qui peut donner au jour entre le 10ème et le 12ème coup de l'horloge, un visage si pur, si pénétré de lumière, de sereine clarté qui le transfigure. Il cherche la philosophie d'avant midi.
Friedrich Nietzsche, Humain, trop humain, § 638 : Der Wanderer


Chroniques discographiques : Guts of Darkness - Progressive Area - Néosphères - xsilence

Der Wanderer, le texte original en allemand

4 février 2012

Revue de presse, revue de blogs du 22 janvier au 4 février 2012



01. L'industrie musicale peut-elle vivre du streaming ? - Electron Libre, 03/02

02. Quand Internet fait le jeu des maisons de disques - Les échos, 03/02

03. "La recommandation, c'est notre métier", Decitre, avec EntréeLivre - ActuaLitté, 03/02

04. La rétromania musicale a de l'avenir - L'Express, 01/02

05. Spotify: «Avec les applis, nous allons rendre le service plus français» - 20 minutes, 01/02

06. Pour en finir avec l’exclusivité des portails institutionnels fourre-tout - Bibliobsession, 01/02

07. Philippe Robert, Bruno Meillier : Folk & Renouveau (Le mot et le reste, 2011) - Le son du grisli, 31/01

08. Prémices d’une charte de l’action culturelle en bibliothèque musicale / Arsène Ott (Membre du CA de l’ACIM) - ACIM, 31/01

09. Le marché français de la musique enregistrée entre en "convalescence" - Le Monde, 30/01

10. La Folle Journée sur le front russe - evene, 27/01

11. Guide de survie musicale pour 2012 - Poptronics, 26/01

12. Pourquoi je n'utilise pas Spotify - Substance - M, 25/01

13 Nicolas Sarkozy se pose en avocat des artistes - Le Monde, 25/01
"Aujourd'hui, les milliers de clics de pirates pourraient remplacer les caprices des princes"

14. Comment le jazz vient aux jazzmen - Le Monde, 25/01
à propos du Nouveau Dictionnaire du jazz (Robert Laffont, "Bouquins")

15. Les écrivains malades du Net, par Laurent Margantin - Carnets d'Outre-Web, 25/01

16. Megaupload: Une fermeture exigée par les maisons de disque? - Techno Branchez-vous, 24/01

17. Metacritic, l'autre agence de notation - Gamekult, 23/01

18. Algérie : Décès de Chérif Kheddam, monument de la chanson kabyle - Dernières nouvelles d'Algérie, 23/01

19. De Napster à Megaupload, le long affrontement entre la justice et les services de téléchargement - Le Monde, 23/01

20. Le palmarès des discothécaires 2011 - ACIM, 23/01

21. Le mélomane comme figure de l’individualité - Cordes et Âmes, 23/01

22. Ma médiathèque mute, par Pascale Krémer (Le Monde), 21/01